Bonnes pratiques d’hygiène : appuyez-vous sur les 5M !

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Auparavant destinées aux industries biologiques ou chimiques de type Agroalimentaire ou Pharmaceutique ; les BPH (Bonnes pratiques d’hygiène) sont désormais omni-présentes. Elles utilisent les réflexes d’un scientifique en matière de contamination par exemple microbiologique sur d’autres problématiques comme le risque de corps étrangers dans un produit ou process.

 

Les risques liés à l’hygiène sont nombreux aussi bien sur le produit fabriqué que sur la main d’oeuvre. Par exemple, on ne demande pas à ses salariés de se laver les mains uniquement pour protéger son produit, cette action permet aussi de limiter les risques de contagion d’une maladie d’un salarié à un autre. On peut même être plus globale dans la réflexion est pourquoi pas présenter l’hygiène comme un ensemble de mesures destinées à rendre vos processus stables et maîtrisés au sens général.

 

Le terme hygiène mentale existe bien...Vous l’aurez compris, l'hygiène ne fait donc pas que référence à la propreté !

 

Il existe de nombreux guides par secteur d’activité permettant d’adapter ces pratiques à vos process. Cet article n’a pas pour but de remplacer ce type de guide mais plutôt de vous donner une stratégie, une façon de penser et des réflexes de BPH.

 

Le sujet est tellement vaste qu’il est préférable de présenter la logique des BPH à partir d’exemples concrets et de sectoriser ces exemples avec la méthode 5M.

 

 

Matériel

 

Globalement le matériel doit-être utilisé conformément à l’usage prévu et logique pour lequel il est destiné. Par exemple, on utilise pas de film plastique à palette pour être en contact direct avec des aliments. Le film n’est pas fait pour ça et même si physiquement il fait le job, le risque de migration de substances vers l’aliment est trop élevé.

 

Autre point, le matériel doit être installé de manière à fonctionner correctement et en sécurité avec la possibilité d'effectuer facilement son nettoyage et sa maintenance. Par matériel, on entend les équipements industriels, les outils mais également les tenues de travail des employés.

 

Encore une fois, la logique est importante. Là où il peut être pratique d’utiliser une épingle à nourrice pour accrocher son dossard lors d’une course à pied. Dans une usine, la perte de cette épingle peut avoir de graves conséquences (Présence dans un produit, risque de blessure...). Bien sûr il faut aller plus loin dans la réflexion, avoir des vêtements de travail adapté au milieu, éviter les poches extérieures ouvertes et les boutons cousus. Un bouton à pression risquera moins de se détacher...

 

 

Milieu

 

Les milieux intérieurs et extérieurs sont à prendre en compte. Les mouvements d’engins peuvent amener un risque extérieur dans le milieu intérieur et donc sur la production.

L’environnement extérieur doit donc être entretenu, en particulier la végétation. Il est préférable d’avoir une surface goudronnée ou en béton pour faciliter le nettoyage et favoriser l’écoulement de l’eau. L’excès de végétation favorise la venue de nuisibles. Attention tout couper ne vous dispensera pas d’avoir recours à un prestataire pour votre plan de dératisation ou à l’installation de désinsectiseurs.

 

A l’intérieur, c’est un peu le même principe. Les murs, plafonds et sols doivent être facilement nettoyables avec un sol qui présente une légère pente pour laisser drainer l’eau.

Dans la mesure du possible aucun élément ne doit pouvoir se casser. Privilégier les fenêtres en verre incassable ou bien en plastique. L’éclairage doit aussi être protégé contre les chocs.

 

L’emplacement des différents process dans l’usine est primordial, il doit suivre la logique de construction de vos produits. Les flux sont clairement définis et connus (Réception des matières premières, identification, transformation, identification des produits finis et expédition) avec la prise en compte du FIFO (First in, First out). A côté de tous ces mouvements, l’entrée du personnel est bien sûr différente de celle des matières. Celle-ci est en lien avec les locaux du personnel qui sont intégrés à l’usine. On ne doit pas sortir à l’extérieur entre le vestiaire et l’usine.

 

 

Méthode

 

Plusieurs méthodes sont à vérifier. En matière d’hygiène on parle forcément de nettoyage mais aussi de gestion des déchets, de stockage, de transport ou de traçabilité.

 

- Tout nettoyage, des mains, de l'environnement de travail ou de l'équipement de travail doit respecter le TACT (Température, Action, Concentration, Temps de contact). Ces 4 critères correspondent à l’utilisation optimale d’un produit utilisé sur ce qu’il y a à nettoyer.

 

Température : Correspond à la température de nettoyage. Il est dangereux de laver ses mains à 80°C, en revanche, il peut-être judicieux de laver des équipements à cette température si on utilise le même produit.

Action : Le mode opératoire du nettoyage, la façon dont il faut nettoyer. La méthode avec l’outil à utiliser.

Concentration : Indique la teneur du produit à utiliser. Le pourcentage de soude pour le nettoyage de circuit ou la dose de savon à appliquer pour nettoyer ses mains par exemple.

Temps de contact : La durée du nettoyage

 

- La gestion des déchets, il ne doit pas y avoir d’accumulation de déchets et surtout de croisement de flux avec les matières premières et produits finis.

 

- Le stockage et le transport sont encore une fois régis par logique en fonction des produits. Il faut prendre en compte l’humidité et la température ainsi que le besoin en protection de certaines matières. Aussi, aucun produit n’est stocké à même le sol.

Bien sûr, il faut appliquer ces conditions à ses sous-traitants.

 

- L’identification et la traçabilité sont absolument nécessaires, toute matière (produits finis, matières premières, déchets, produits non conformes) est identifiée et tracée clairement. Il doit-être possible de connaître la composition et l'itinéraire de chaque produit fini en cas de problème.

 

Matière

 

Les matières premières ne sont pas fabriquées dans votre usine, il est donc important de pouvoir connaître et assurer la maîtrise de l’hygiène de ces produits. Beaucoup de données sont nécessaires : fiches techniques, cahiers des charges ou encore certificats réglementaires comme les certificats d’alimentarité pour les emballages alimentaires.

 

Main d’oeuvre

 

La gestion de l’humain est forcément le plus difficile d'autant que dans ce contexte il s’agit de logique et de comportement. Il ne s’agit pas d’apprendre un mode opératoire simple.

Pour faire adhérer vos équipes à cette logique, il faut les former, forcément. Mais aussi avoir une méthodologie en tant que manager. Ce sujet est tellement vaste que vous pourrez le retrouver dans un autre article du blog  intitulé Comment encadrer le facteur humain.

 

Globalement et à l’image de cet article. Si vous souhaitez être au top des bonnes pratiques d’hygiène dans votre entreprise, vous devez méthodiquement identifier les axes d’amélioration en suivant par exemple les 5M. Ensuite, être en veille permanente d’exemples dans les autres entreprises. Ceci à travers la lecture d’articles de blog, de la participation à des salons professionnels... le but est d’utiliser les exemples bien sûr, mais aussi de s’en servir pour en imaginer d’autre. 

 

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