EPI : Pas de place pour l’improvisation

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Bien que les EPI (Equipements de Protection Individuelle) occupent la dernière place dans la hiérarchie des mesures de prévention à mettre en oeuvre, ils sont parfois le dernier rempart contre un risque ou un danger. Mais comment choisir ses EPI et surtout, comment les faire accepter par l’ensemble des collaborateurs ?


La prévention des risques au travail demande de prendre des mesures en vue d’éliminer les dangers et de réduire les risques pour la santé et la sécurité au travail. Dans un premier temps, on cherche toujours à éliminer les dangers. Si ce n’est pas possible, on cherche à substituer les procédés, opérations, matières ou équipements à l’origine du ou des dangers par un ou des équivalents moins dangereux. Lorsque c’est impossible ou insuffisant, on envisage de mettre en oeuvre des protections collectives et à réorganiser le travail. On ajoute ensuite des mesures de prévention administratives si cela ne suffit pas. Et seulement après avoir constaté que cette hiérarchie de mesures de prévention a été suivie et que des dangers et risques subsistent encore, on déploie des équipements de protection individuelle.


Mais n’importe quel EPI ne peut pas être déployé en entreprise, sous peine de dépenser des sommes non négligeables pour peu ou pas de résultats. En effet, un EPI mal choisi peut être utilisé mais ne va pas réduire le danger ou le risque parce qu’il est inadapté. Sinon, l’EPI peut ne pas provoquer l’adhésion des collaborateurs utilisateurs finaux et ne pas (ou peu) être porté. Malgré leur mise à disposition les collaborateurs peuvent dans ces deux cas continuer à être soumis à d’éventuels heurts, blessures, accidents...rendant ainsi lesdits EPI obsolètes et inutiles.


C’est pourquoi, le choix d’un EPI ne s'improvise pas.  Il doit être maîtrisé et méthodologique. Pour cela, il convient de mener une série d’actions.

 

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Prendre en compte les réalités du terrain, une nécessité


Pour commencer, placer l’humain au coeur des préoccupations est indispensable. Les EPI ne peuvent pas être choisis par une seule personne, sans doute éloignée de tout ou partie des réalités "terrain" à considérer pour la prise de décision.


La constitution d’un groupe de travail mêlant managers, opérationnels et HSE est préférable. Chacun pourra ainsi apporter sa connaissance du contexte et des contraintes pour envisager l’EPI le plus adapté. Cette démarche colle notamment aux exigences de l’ISO 45001 pour la participation et la consultation des collaborateurs.


Ce groupe devra rencontrer plusieurs fournisseurs pour avoir une gamme de choix aussi large que possible. Ceci aura aussi pour but de récolter et de confronter les avis de ces professionnels de l’EPI qui ont un rôle de conseil envers leurs clients.


Le groupe de travail doit aboutir à la définition du ou des EPI qui pourraient convenir pour éliminer le danger ou réduire le risque. Si possible, il est préférable d’isoler plusieurs modèles disponibles chez plusieurs fournisseurs pour test.


Des équipements à tester, dans la durée


Le test devra idéalement être réalisé en conditions réelles par des personnes qui auront à adopter l’EPI à terme. Il faudra donc constituer un panel de testeurs et pas uniquement les personnes initialement choisies pour le groupe de travail. D'autres collaborateurs devront être intégrées pour avoir un panel encore plus hétérogène, représentatif et objectif. En effet, se contenter des personnes faisant partie du groupe de travail présente le risque d’obtenir des résultats tronqués par d’éventuels a priori dûs aux sensibilités de chacun. Leur choix est peut-être déjà orienté en raison d’un meilleur feeling avec tel ou tel fournisseur, une préférence pour tel ou tel modèle...


Le test “in situ” doit être orienté vers les performances de l’EPI notamment en ce qui concerne sa capacité à éliminer le danger et réduire le risque, mais pas que. Les retours à obtenir doivent également porter sur le confort de travail avec l’EPI, les gênes rencontrées, la possibilité d’utiliser l’EPI au quotidien sans avoir à en changer, sa durée de vie...


Les questions sont multiples mais doivent être posées. Impossible donc de prévoir un test sur quelques jours seulement. Pour passer en revue toutes les possibilités et obtenir les résultats des tests, des semaines sont souvent nécessaires. Du temps perdu à bon escient puisqu’il permettra à terme d’acheter juste pour un maximum de résultat.

 

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La formation à l’EPI, un incontournable


Une fois choisi, l’EPI ne peut pas être simplement distribué avec ordre d’être porté. Chaque déploiement doit être accompagné d’un travail de prévention, notamment pour encadrer et prévenir le phénomène de résistance au changement ou tout autre phénomène réfractaire.


Pour les EPI particulièrement spécifiques, pensez à prévoir une formation dispensée par le fournisseur de l’EPI. C’est par exemple proposé lors du déploiement de casques ventilés pour mieux appréhender les différents réglages disponibles (entre autre). Cette formation se prêtera particulièrement à l’appropriation de l’EPI. Elle peut paraître coûteuse mais sera vite amortie si l’EPI est adopté rapidement et facilement, et non laissé dans un placard.


N’hésitez pas non plus à sensibiliser les futurs utilisateurs et à leur faire des démonstrations si nécessaire. Mieux vaut leur montrer que de les encourager à délaisser l’EPI ou à faire des tests (sans doute trop dangereux) par eux même. Par exemple, vous pouvez facilement démontrer les performances d’un gant anti-coupure ou d’un gant anti-choc.


Enfin appuyez-vous sur des cas concrets pour expliquer en quoi ces EPI sont nécessaires. Vous pouvez par exemple aborder le sujet lors de causeries et présenter des articles ou d'anciens rapports d’accident ayant eu lieu en interne. Des exemples provenant de l’extérieur peuvent également être parlant. On adhère toujours plus facilement à quelque chose si on s’identifie à elle, ce qui est plus facile à faire face à un cas concret.


Vous l’aurez donc compris, choisir un EPI ne se résume pas à choisir un modèle dans un catalogue. Le déployer dans votre entreprise ne se résume pas à le distribuer à vos collaborateurs. Enfin le faire porter ne se résume pas à donner l’ordre de le faire. Le HSE doit se placer au centre d’une démarche longue et complexe mais bénéfique pour tous quand elle est convenablement menée à bien.

 

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